La biodiversité ordinaire est aussi menacée

novembre 3, 2016

Le déclin de la biodiversité ne concerne pas seulement les espèces emblématiques comme le panda, le tigre ou les baleines. Le plancton, les abeilles, les vers de terre, les récifs coralliens, les plantes sauvages sont des espèces également menacées. C’est ce que nous rappelle l’association Noé Conservation avec cette campagne de sensibilisation.

En s’appuyant sur 5 exemples qui concernent notre vie quotidienne, Noé veut mobiliser l’opinion publique afin d’enrayer le déclin des espèces dites « ordinaires ».

  • La mortalité des abeilles domestiques a atteint 30 % en 15 ans. Pourtant, 80 % des cultures dépendent d’elles et des pollinisateurs sauvages.
  • 40 % du plancton a disparu en 60 ans. Pourtant, il produit la moitié de l’oxygène de la planète.
  • L’agriculture intensive a détruit 90 % de l’activité biologique des sols, dont les vers de
    terre. Pourtant la fertilité de nos terres dépend d’eux.
  • 60 % des récifs coralliens sont en danger. Pourtant, ils protègent le littoral des tempêtes et limitent l’érosion.
  • 20 % des plantes sauvages sont menacées. Pourtant, 1 médicament sur 2 est d’origine végétale.

Avec la signature de campagne : « Dans l’ombre des plus grands, les plus
petits disparaissent », Noé plaide pour que l’attention portée à la biodiversité extraordinaire ne nous fasse pas oublier les menaces qui pèsent sur la biodiversité ordinaire.

Si j’étais un animal emblématique, vous me sauveriez ?

Cette campagne est la bienvenue dans le sens où elle souligne le rôle important de certaines espèces méconnues (et parfois mal-aimées) comme le plancton ou les vers de terre. Cela marche un peu moins bien pour les abeilles, parce qu’elles sont à mon avis déjà bien identifiées par le public comme une espèce en danger, en particulier à cause des pesticides.

Je signale que le parallèle entre des espèces « porte-drapeaux » qui possèdent un capital sympathie élevé auprès du public et d’autres réputées moins connues ou appréciées a déjà été exploité dans des campagnes par le passé (cf. Si j’étais un panda, vous me sauveriez ?).

Et la signature « Biodiversité, nos vies sont liées » qui apparait en bas à droite des visuels me fait penser à la campagne 2004 (!) de la Fondation Nicolas Hulot : « Nos destins sont liés. Sans nature, pas de futur. » qui cherchait à redire l’interdépendance fondamentale entre l’homme et la nature.

Biodiversité : le message d’extinction inefficace

Sur le fond, nous pouvons nous interroger sur l’efficacité du message d’extinction. Voici les conclusions d’une analyse réalisée par l’agence Futerra en 2009, à la veille de l’Année internationale de la biodiversité :

  • Les termes « biodiversité » et « extinction » sont presque systématiquement associés
  • Le message de perte de biodiversité n’est pas un levier pour l’action. Pour la majorité du public, il induit de la culpabilité et provoque un acquiescement sur le pauvre état du monde, mais pas l’action.
  • Pour déclencher l’action, la marque « biodiversité » doit engager et inspirer plutôt qu’informer. Respect, fascination et émerveillement devraient être au programme.

À défaut de mobiliser les citoyens, cette campagne a tout de même le mérite de faire parler de Noé Conservation dont les actions sont remarquables. J’apprécie tout particulièrement les opérations de science participative comme l’Observatoire des papillons des jardins.

Les visuels de la campagne Noé 2016

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Mathieu Jahnich.

Consultant-chercheur

J’aide les entreprises à relever les défis de la transition écologique grâce à une communication plus responsable.

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